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Super Exploration nocturne métropolitaine du 4 novembre 2009.
Une nuit blanche à Paris
Ou plutôt, de Paris à sa banlieue.
Départ 21h quai A des Halles, au coeur (au ventre?) de Paris, direction Marne La Vallée. Le RER est plein, ce n’est qu’à la fin du voyage que nous trouvons des places assises.
Marne La Vallée.
Déjà, la température baisse. Direction Disney Village, une rue bordée de restaurants et de magasins. Carton-pâte, couleurs exhubérantes, le rêve disney est toujours d’actualité. C’est une fin de soirée pour beaucoups, et les familles rejoignent peu à peu leurs hotels. L’endroit se vide de sa magie, devient « creux ». Les employés, le sourire vissé au visage, continuent à s’activer. Même sans spectateurs, ils continuent de jouer leur rôle. Le lac artificiel rajoute une touche bucolique… j’usqu’a ce qu’il soit transformé en océan par une bande son douteuse.Le bruit des mouettes, des bateaux en partance pour de longues croisières… le subterfuge est grotesque. Seuls faces à ce lac dans la nuit, il crée une illusion dont nous nous sommes conscient. Sans réellement fonctionner, il nous empèche de percevoir le territoire, la nuit.
Une patinoire, pas encore en état de marche. Même les arbres qui la bordent font partis de la mise en scène: ils sont comme « pouponnés ».
23h. La patinoire s’éteint. Une partie du décor s’éfface à nouveau. La musique, elle, nous suit partout. Notre sortie s’apparente alors à la sortie d’une bulle, d’un cocon. Revenus dans la réalité, nous nous sommes affranchis d’un écran dont nous ne faisions que préssentir l’existence.
Direction Saint Maure-Créteil.
Nous faisons le trajet en RER et nous devons donc faire un détour par Vincennes. Il est deux fois plus long que le trajet à vol d’oiseau. Impréssion désagréable de tourner en rond. Constamment, nous vérifions les horaires de RER et de noctilien. En rater un nous laisserai sur le carreau pendant un temps indéfini et vu la température extérieure en ce début de novembre, nous préférerions éviter. Notre nuit blanche a été minutée, et nous somme comme aiguillonés par ces impératifs constants.
Saint-Maur Créteil (01h)
… est mort.
Quelques autos, mais pas un chat en vue. Des fenêtres sont allumées mais les gens ne sortent pas. Nous passons devant un pub. Bonne nouvelle: il ne ferme que dans une heure. Pourtant, les volets sont déjà baissés même si de la lumière filtre de l’intérieur. Pas de pause au chaud pour nous. Les rues sont toujours désertes, mais les enseignes lumineuses des magasins sont presques toutes allumées. Dans une rue, nous en éteignons une, puis deux. Début de la nuit à cet endroit.
Arrêt devant une librairie couverte d’affiches manuscrites. Nous prenons le temps de déchiffrer les panneaux. Après tout, nous n’avons rien à « faire », aucune destination dans l’immédiat (il nous reste encore 20 min avant le prochain noctilien), et personnes pour nous bousculer ou nous déranger sur le trottoir, devant cette devanture. La nuit, moment de découverte privilégié.
Noctilien
Un jeune qui semble aller faire la fête, mais surtout des hommes qui vont bosser.
Rungis
Ambiance entrepôt, boyaux au kilomètre. Pas de trottoir, un passage piéton pas évident. Nous arrivons au milieu d’une journée de travail (d’une nuit de travail?) banale. Nous arrivons du côté triperie. Les employés s’activent, et nous ne passons pas inaperçu. Sans but précis, nous ne collons pas au tableau.
Impréssion d’une routine, d’un mode de vie, d’une normalité qui nous dérange. Travailler la nuit: une a-normalité ou une autre-normalité?
Orly, 3h
Nous descendons du noctilien avec un homme qui porte une valise. Il vient pour l’un des premiers vols de la matinée. Nous échangeons deux trois mots, comme liés par ce face à face dans les sous-sols de Orly. Nous nous séparons. Commence alors une folle course poursuite dans les couloirs vides et sombres de Orly. Arrivés dans une salle d’enregistrement déserte. L’endroit est immense mais innocupé. Il attend la fin de sa nuit. Plus loin, des gens dorment, attendent leurs avions. Moment de pause. Il semble que nous avons tout le temps. Après tout, la prochaine étape nous fait repasser par Paris et tout les transports en communs semblent y mener. C’est le matin pour Orly. Les gens s’agitent, se réveillent. D’autre arrivent pour travailler. Les guichets s’ouvrent, les lumières s’allument.
Le Retour
Nous attendons le noctiliens sous Orly, à côté d’une voie rapide. L’attente est longue, la fatigue se fait sentir. Le car est remplis d’habitués, de travailleurs.
La Défense 6h
Arrivés à la Défense, il semble que c’est déjà le jour. Les employés arrivent peu à peu, les boulangeries ouvrent. Comme si nous avions raté quelque chose. Ici, la nuit est déjà terminée.
Analyse des différents temps de la nuit. La nuit ? Des nuits.









