Paris Metropole … de nuit


Enjeux territoriaux nocturnes
novembre 25, 2009, 11:44
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Etymologiquement une nuit blanche est le fait de ne pas dormir la nuit. Ce n’est pas par hasard qu’on a toujours privilégié de réserver notre temps de sommeil pendant la nuit, et de profiter du jour pour se nourrir et vaquer à nos diverses occupations. Ce choix, loin d’être arbitraire, est pourtant de plus en plus remis en question aujourd’hui. Les raisons pratiques et pragmatiques manifestes (besoin de lumière pour s’éclairer, insécurité, température plus basse …) qui partagées clairement notre temps d’activité et celui  consacré au repos est mis a mal par de nouveaux usages, technologies et infrastructures qui permettent désormais de faire la nuit aussi bien voire mieux, ce qu’on avait pour habitude de faire le jour.

Nous passons près d’un tiers de notre vie à dormir, et bien que ce temps soit nécessaire tant sur un plan physiologique que psychique, il est considéré comme du temps perdu. En effet, le temps passé à dormir et rêver est autant de temps qu’on ne peut pas mettre à profit pour créer, travailler, produire, penser…  Ainsi de plus en plus de gens s’intéressent maintenant aux activités nocturnes qui pourraient être développées, qu’elles soient complémentaires aux pratiques diurnes ou bien totalement novatrices. Les enjeux et perspectives nocturnes de développement économique, sociale et culturelle sont gigantesques puisque, par nature, insoupçonnées. Ce n’est que depuis très récemment que l’on a commencé à réfléchir à une domestication de la nuit et donc à sa désacralisation. L’homme n’est plus dépendant des aléas climatiques et saisonniers, il lui suffit désormais d’appuyer sur un interrupteur, pour tout à la fois allumer, aseptiser, climatiser, un bureau, un immeuble, une ville entière.

Les seuls qui échappaient jusqu’alors  à ces lois naturelles cycliques, du jour et de la nuit, étaient les personnes souffrant de troubles pathologiques du sommeil, caractérisés par une altération qualitative et quantitative du sommeil, ainsi que les lémuriens et autres petits animaux trop effarouchés par les prédateurs pour sortir en plein jour.

L’hôtel de passes a supplanté les maisons closes, et les rares métiers qui subsistaient la nuit étaient cantonnés à des tâches simples, répétitives, mécaniques, comme le travail en usine, le gardiennage, le nettoyage, en somme tout ce qu’on ne voulait pas voir le jour et qu’on devait cacher. De nouveaux comportements sont apparus, et de nouvelles activités plus intellectuelles et lucratives se sont crées, justement en s’engouffrant dans la brèche proposée par la nuit. La nuit n’est plus un frein mais un véritable catalyseur d’idées et de projets. C’est tout un mode de vie à repenser et un espace urbain à redessiner pour prendre en compte cette nouvelle logique nocturne.

Voir la vidéo en grand.




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