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La deuxième exploration : une nuit perdue entre un jeudi et un vendredi.
Une ligne de Noctilien : N31 (Gare de Lyon – Juvisy RER).
Trois stations : Orly Sud Aérogare , Porte de Thiais, Porte de Vitry.
Un protocole d’analyse : le super protocole.
A travers l’infrastructure du réseau du Noctilien, développer une analyse de trois portions du territoire francilien.
Ensuite, envisager une stratégie d’action, de mise en relation de ces bouts de territoire métropolitains nocturnes.
Départ gare de Lyon.
Premier arrêt Porte de Thiais, à Rungis. L’arrêt de bus est vaste, comporte un auvent, deux bans, et des panneaux signalant l’arrivée des prochains bus. Les horaires sont d’ailleurs assez inquiétants, rien ne passe avant une bonne heure. Nous nous séparons en deux groupes. Léo et Louise partent explorer « l’arrière » de l’arrêt de bus, là où le plan indique des bâtiments que nous supposons résidentiels. Caroline et moi partons du côté de Rungis que nous avions déjà exploré, dans l’intention de parfaire cette exploration. A nouveau nous traversons cette voie automobile qui nous avait marquée précédemment. La traversée est laborieuse. Alors que nous voulons nous éloigner de la partie que nous connaissons des entrepôts, très vite on se retrouve enfermée, retenue dans un périmètre. Cette contention n’est pas absolue, mais se traduit par un manque d’espace piéton et d’importantes voies automobiles. L’endroit semble fait seulement pour ces camions qui arrivent et repartent sans arrêt, délivrant les marchandises. Le piéton est alors limité à un périmètre restreint. Nous interrogeons des travailleurs qui font leurs poses. Prennent-ils les transports en communs? On nous répond que nous, du moins si ils peuvent faire autrement. « Bien sur, ceux qui ont pas le permis, ben ils ont pas le choix ». Où habitent-ils? En banlieue, parfois à plus de 50km. La voiture? Obligatoire. Sinon c‘est plus d’une heure de trajet, trois changements, et détour obligatoire par Paris. Malchanceux sont ceux qui doivent prendre les transports en commun. Quand ils le font, ils ne s’attardent pas à l’arrêt de bus, mais près des pavillons ou dans des cafés. On nous propose alors de visiter l’un de ces cafés, à l’intérieur même des pavillons.
Visite du pavillon volaille.
On nous regarde avec curiosité. Deux filles, sans blouses blanches, avec un air un peu égaré. Nous faisons figure d’attraction. Après un cour slalom entre les caisses de faisans et autre gallinacés, nous entrons dans le bistrot, complètement vitré. Il est rempli de travailleur qui prennent leur pose. Les cafés défilent et l’aide cuisinier prépare les sandwichs. On apprend que c’est une société indépendante qui gère ces cafés. Très curieusement on retrouve l’atmosphère d’un bistrot parisien. Les garçons sont en tenue, il y a du parquet au sol, le café nous est servi dans une tasse en porcelaine et la monnaie rapportée sur une petite assiette. Loin donc de l’ambiance « cafet’ » à laquelle nous nous étions attendue.
Retour à l’abri bus où nous retrouvons Léo et Louise, qui déclarent n’avoir strictement rien vu. Derrière, c’est mort. Deux trois tours résidentielles, des parkings, des bureaux. Ceux-ci sont regroupés prés des axes routiers. Pas un chat.
Nous décidons d’explorer un peu plus les environs et en remontant le long de la voie par laquelle notre bus était arrivé, nous passons sur un ponts sous lequel passe de larges voies automobiles pour arriver à un autre abri bus.
Arrivée à Orly
Le bus nous dépose sur un trottoir qui comprend seulement un poteau désignant l’A de bus et l’escalier et ascenseur qui mènent à Orly. Décidés à étudier l’A plutôt que Orly lui-même, nous essayons de trouver un passage autre que cette escalier si évident. En enjambant une barrière et en passant sous la passerelle qui même à Orly nous tombons sur un résidu de pelouse qui donne sur le parking souterrain. Echec complet de la tentative de trouver un autre accès: nous repassons de l’autre coté de la barrière et nous empruntons l’escalier. Nous arrivons au parking, désert mais sur éclairé. Notre recherche a alors été celle d’un passage vers l’autre abri bus, celui qui repart vers Paris. Il se trouve de l’autre coté de la voie rapide par laquelle nous somme arrivée, et il nous faut passer une passerelle mais surtout pénétrer dans Orly pour l’atteindre. A nouveau un simple poteau près d’une voie rapide. C’est un étrange détour que nous avons opéré pour relier ces deux arrêts souterrains à Orly, et pourtant cela nous a semblé très direct, « dirigé ».
Retour vers Paris.
Arrêt Porte d’Ivry, retour à un paysage résidentiel. Autours de nous, des immeubles d’habitation. L’arrêt de bus? Un simple poteau sur une borne de plastique. L’arrêt est temporaire, des travaux un peu plus bas déplacent celui habituel. Nous ne savons pas où aller, nous errons en ville. Plus du tout contenus par ces voies automobiles que nous avons rencontré dans ces paysages nocturnes, nous sommes comme perdu. Trop de passages piétons, de trottoirs en comparaison. Trop de choix: nous évoluons plus lentement dans un environnement plus dense.
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La nuit comme un bazar de points mis en reseau via des lignes, un réseau de communication, d’échanges humains et économique. La Nuit est hyper ponctuelle, avec beaucoup de matière noir autour.
Au début, on essaie de révéler la vrai nuit (ex philippe vasset)
Finalement, c’est un phénomene ponctuel (dans le temps et dans l’espace), avec beaucoup d’interstices, de temps d’attentes entre deux moments de la nuit. La nuit en générale comme une attente, celle du lever du jour.
La continuité? : réseau qui relie les différents points
Il y a projection mentale lors de l’attente.
Le moment présent/le reél dans le noctilien c’est le noir qui nous entoure.
Attente: communication avec le vide de la nuit.
Idée: Valoriser les espaces ou on est en contact avec le manque.
Parcour juste avec des arrets de bus?
Le jour il y a attente dans l’abris de bus. Station assise pour quelque minutes. Beaucoup plus longtemps la nuit. Boire un café? Tout les bars sont fermés. Finalement, un abris fonctionnel le jour se retrouve dépassé la nuit. Les usages/besoins sont différents.
La nuit il manque quelque chose. Apporter quelque chose de nouveau? (livre, lampe>> il peut se passer qqchose)
Y devenir acteur. Acteur de la nuit?
Créer un nouveau réseau?
Dans le bus, les arrets sont des unité de distance/ temps dans la nuit
A l’intérieur de l’arrêt de bus on ne regarde pas la nuit car des signaux propre à l’abri nous projete ailleur > signalitique qui nous projete.
Et si l’on créait des arret de bus qui nous ancre au lieu de nous projeter?
Tiens au fait…. pourquoi le temps de la ratp est faux?
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Super Exploration nocturne métropolitaine du 4 novembre 2009.
Une nuit blanche à Paris
Ou plutôt, de Paris à sa banlieue.
Départ 21h quai A des Halles, au coeur (au ventre?) de Paris, direction Marne La Vallée. Le RER est plein, ce n’est qu’à la fin du voyage que nous trouvons des places assises.
Marne La Vallée.
Déjà, la température baisse. Direction Disney Village, une rue bordée de restaurants et de magasins. Carton-pâte, couleurs exhubérantes, le rêve disney est toujours d’actualité. C’est une fin de soirée pour beaucoups, et les familles rejoignent peu à peu leurs hotels. L’endroit se vide de sa magie, devient « creux ». Les employés, le sourire vissé au visage, continuent à s’activer. Même sans spectateurs, ils continuent de jouer leur rôle. Le lac artificiel rajoute une touche bucolique… j’usqu’a ce qu’il soit transformé en océan par une bande son douteuse.Le bruit des mouettes, des bateaux en partance pour de longues croisières… le subterfuge est grotesque. Seuls faces à ce lac dans la nuit, il crée une illusion dont nous nous sommes conscient. Sans réellement fonctionner, il nous empèche de percevoir le territoire, la nuit.
Une patinoire, pas encore en état de marche. Même les arbres qui la bordent font partis de la mise en scène: ils sont comme « pouponnés ».
23h. La patinoire s’éteint. Une partie du décor s’éfface à nouveau. La musique, elle, nous suit partout. Notre sortie s’apparente alors à la sortie d’une bulle, d’un cocon. Revenus dans la réalité, nous nous sommes affranchis d’un écran dont nous ne faisions que préssentir l’existence.
Direction Saint Maure-Créteil.
Nous faisons le trajet en RER et nous devons donc faire un détour par Vincennes. Il est deux fois plus long que le trajet à vol d’oiseau. Impréssion désagréable de tourner en rond. Constamment, nous vérifions les horaires de RER et de noctilien. En rater un nous laisserai sur le carreau pendant un temps indéfini et vu la température extérieure en ce début de novembre, nous préférerions éviter. Notre nuit blanche a été minutée, et nous somme comme aiguillonés par ces impératifs constants.
Saint-Maur Créteil (01h)
… est mort.
Quelques autos, mais pas un chat en vue. Des fenêtres sont allumées mais les gens ne sortent pas. Nous passons devant un pub. Bonne nouvelle: il ne ferme que dans une heure. Pourtant, les volets sont déjà baissés même si de la lumière filtre de l’intérieur. Pas de pause au chaud pour nous. Les rues sont toujours désertes, mais les enseignes lumineuses des magasins sont presques toutes allumées. Dans une rue, nous en éteignons une, puis deux. Début de la nuit à cet endroit.
Arrêt devant une librairie couverte d’affiches manuscrites. Nous prenons le temps de déchiffrer les panneaux. Après tout, nous n’avons rien à « faire », aucune destination dans l’immédiat (il nous reste encore 20 min avant le prochain noctilien), et personnes pour nous bousculer ou nous déranger sur le trottoir, devant cette devanture. La nuit, moment de découverte privilégié.
Noctilien
Un jeune qui semble aller faire la fête, mais surtout des hommes qui vont bosser.
Rungis
Ambiance entrepôt, boyaux au kilomètre. Pas de trottoir, un passage piéton pas évident. Nous arrivons au milieu d’une journée de travail (d’une nuit de travail?) banale. Nous arrivons du côté triperie. Les employés s’activent, et nous ne passons pas inaperçu. Sans but précis, nous ne collons pas au tableau.
Impréssion d’une routine, d’un mode de vie, d’une normalité qui nous dérange. Travailler la nuit: une a-normalité ou une autre-normalité?
Orly, 3h
Nous descendons du noctilien avec un homme qui porte une valise. Il vient pour l’un des premiers vols de la matinée. Nous échangeons deux trois mots, comme liés par ce face à face dans les sous-sols de Orly. Nous nous séparons. Commence alors une folle course poursuite dans les couloirs vides et sombres de Orly. Arrivés dans une salle d’enregistrement déserte. L’endroit est immense mais innocupé. Il attend la fin de sa nuit. Plus loin, des gens dorment, attendent leurs avions. Moment de pause. Il semble que nous avons tout le temps. Après tout, la prochaine étape nous fait repasser par Paris et tout les transports en communs semblent y mener. C’est le matin pour Orly. Les gens s’agitent, se réveillent. D’autre arrivent pour travailler. Les guichets s’ouvrent, les lumières s’allument.
Le Retour
Nous attendons le noctiliens sous Orly, à côté d’une voie rapide. L’attente est longue, la fatigue se fait sentir. Le car est remplis d’habitués, de travailleurs.
La Défense 6h
Arrivés à la Défense, il semble que c’est déjà le jour. Les employés arrivent peu à peu, les boulangeries ouvrent. Comme si nous avions raté quelque chose. Ici, la nuit est déjà terminée.
Analyse des différents temps de la nuit. La nuit ? Des nuits.











